Une pratique innovante de la plateforme Maximilien : la bourse à la co/sous traitance

publié le 24 juil. 2014 à 08:56 par Ludovic Myhié   [ mis à jour : 25 juil. 2014 à 01:18 ]
Dans le cadre de ses activités de sourcing, l’acheteur public est amené à rencontrer des entreprises intéressantes susceptibles de répondre à des parties de besoins mais ne disposant pas de capacités financières  ou humaines suffisantes (par exemple, un effectif insuffisant pour gérer tout le marché). Ceci peut s’avérer particulièrement dommageable lorsque l’entreprise en question dispose d’un véritable avantage concurrentiel par rapport à ses concurrents (ex : expertise spécialisée et rare).

Si l’acheteur public dispose indéniablement d’outils pour répondre à cette problématique comme l’allotissement, le marché à bons de commande mutli attributaires ou encore la gestion temporelle des procédures (exemple : gestion du calendrier du lancement de marché fonction de la disponibilité du marché fournisseur), l’acheteur dispose finalement de relativement peu de moyens pour favoriser la co traitance.

Généralement, il peut inviter la société disposant de capacités insuffisantes ou expertes sur certaines prestations du marché à se rapprocher d’autres acteurs mais ne va pas plus loin. Sur le sujet, la plateforme Maximilien, portail électronique de dématérialisation des marchés publics a développé une fonctionnalité intéressante intitulée « bourse à la co/sous traitance ».

Cette fonction, réservée au secteur de l’IAE, de l’ESS et du handicap permet aux sociétés du secteur de s’inscrire  afin d’avoir une visibilité sur d’autres entreprises inscrites (et réciproquement) et de pouvoir renseigner le fait qu’elles souhaitent être contactées pour participer à un groupement. Cette fonctionnalité est de surcroit couplée avec les réseaux sociaux (ex: partage d’une publicité).

Sur le principe et en imaginant que ce type de pratique soit généralisé, le dispositif paraît tout à fait séduisant pour plusieurs raisons :

  •   Cela peut permettre à différentes PME spécialisées de se connaître et de se présenter sur une mise en concurrence généraliste (et non plus de devoir agir systématiquement comme sous-traitantes de grands groupes) ;
  • Les PME n’ayant pas véritablement le temps de répondre aux marchés publics, elles peuvent ainsi constituer des groupements et répartir les charges de réponses aux marchés publics ;
  •  Il peut faciliter le travail de sourcing de l’acheteur, celui-ci disposant progressivement d’une base  fournisseurs constituée par une communauté d’acheteurs et renforcer l'ouverture à la concurrence sur les marchés publics

Néanmoins, ceci ne doit pas occulter le fait que cette fonctionnalité doit être facilitatrice d'une mise en relation mais ne doit pas conduire des sociétés à postuler ensemble, en co traitance, sans véritable logique partenariale. En effet, il serait dangereux pour l’acheteur de se trouver face à deux sociétés ne sachant pas travailler ensemble. Ainsi, si cette fonction est sans conteste très intéressante, elle doit faire l’objet d’une attention particulière.

Cette réflexion renforce l’intérêt qu'aurait, pour les acheteurs publics, la constitution d’une base de données fournisseur nationale, par domaine d’activité et lieu géographique. Ceci se révèlerait être un outil extrêmement utile pour la définition des stratégies d'achat et la facilitation des achats de faibles montants.

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