Mutualisation et optimisation de la gestion du parc automobile de l'Etat : publication de la circulaire

publié le 23 févr. 2015 à 01:38 par Ludovic Myhié   [ mis à jour : 23 févr. 2015 à 01:54 ]
Prévue de longue date, l'Etat a finalement publié la circulaire relative à la mutualisation et à l'optimisation de la gestion de son parc automobile. L'objectif de gain n'est pas dérisoire puisqu'il est tout de même de 150 millions d'euros sur 3 ans. 

A ce titre, il est intéressant de balayer les actions figurant dans cette circulaire visant à réduire les coûts et mieux prendre en compte la dimension durable sur ce segment d'achat. Celles ci sont les suivantes:

  • la standardisation des achats et la mutualisation des canaux d'approvisionnement: Si le traditionnel recours à l'UGAP est maintenu, il est intéressant de noter que la LLD (location longue durée) anciennement proscrite est désormais prévue pour les véhicules hybrides et électriques. L'achat de véhicules d'occasion est proscrit et les prix d'achats de véhicules plafonnés. La standardisation s'opérera pas une réduction des gammes  et la suppression de toute option superflue.
  • l'externalisation de la gestion de flotte, pertinente pour un parc d'une telle taille est également maintenue
  • afin de ne pas supporter les coûts liés à la vétusté d'un parc, tout véhicule dépassant  120 000 kilomètres et au plus tard, au bout de 7 ans doit être vendu. A noter sur le sujet, le projet d'optimiser la vente de véhicule, la vente des biens mobiliers n'étant pas le point fort de l'Etat
  • l'aspect "règles d'attributions" est prévu en actualisant le plafond budgétaire dédié (en effet, si les coûts d'achats sont optimisés mais que l'on multiplie l'achat de véhicule par trois, l'action est vide de sens). Cette action est couplée à un encadrement des commandes de fin d'exercice (le dernier trimestre ne doit pas dépasser 25% du volume global. En effet, l'aspect variable d'ajustement budgétaire consiste à commander un certain nombre de produits lorsqu'il reste du budget. La circulaire encadre expressément cette pratique)
  • la répartition des achats doit être 1/3 d'hybrides-électriques; 1/3 de diesel; 1/3 d'essence afin de mieux prendre en compte les objectifs en termes de développement durable
  • l'optimisation de l'usage des véhicules et mutualisation des véhicules faiblement utilisés
  • un plan d'actions spécifiques relatif à  la réduction des dépenses en carburant doit être mis en place afin de mieux prendre en compte le coût global sur le segment
  • si la pratique de l'auto assurance a souvent été sujette à interrogation, après analyse, la décision semble être de recourir à un marché d'assurance au tiers de l'ensemble des véhicules avec objectifs de justification dans le cas contraire
  • la mise en place des actions supposant des acteurs capables de les porter, la circulaire prévoit la détermination d'une fonction dédiée à la gestion de flotte pour les parcs de grandes tailles
La circulaire ne s'arrête pas là. En effet, un reproche à bon nombre d'actions figurant dans des circulaires est souvent l'absence de déclinaisons "concrètes" d'application immédiate. Ainsi, la circulaire prévoit, en annexe, pour chaque action, les modalités concrètes de déploiement de l'action (par exemple: règles d'attributions de véhicules; modèles de voitures à acheter; mise en place d'un système de bonus/malus lié au respect d'une gestion budgétaire optimisée etc... )

Cette circulaire est en réalité la déclinaison, sous forme administrative d'une stratégie achat. En tant que telle, elle peut servir de base de réflexion à tous les autres acteurs de la sphère publique même si la taille du parc d'Etat rentre en ligne de compte pour un certain nombre de ces actions. En tout cas, un tel plan d'actions doit être souligné. Si l'aspect mutualisation apparaît comme classique, l'association du pilotage budgétaire renforce le caractère opérationnel de la stratégie.



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