Challenger le besoin avant de s'interroger sur la procédure de marché

publié le 29 nov. 2013 à 00:16 par Ludovic Myhié   [ mis à jour : 29 nov. 2013 à 00:23 ]
L'acheteur public est souvent sollicité en fin de chaîne pour monter le DCE et définir la méthode permettant d'obtenir le meilleur rapport qualité/prix au regard du besoin exprimé (allotissement, critères, forme du marché etc..). La recherche de valeur porte dans ce contexte sur le prix d'acquisition alors que d'autres pistes de réflexion permettent de meilleurs résultats en ternes de gains. 

En effet, souvent, l'approche la plus efficace sera de s'interroger en amont sur la meilleure réponse pouvant être apportée au besoin.




Par exemple:
  • est-il pertinent d'acheter un matériel permettant de contenir 15 tonnes de produit alors que, sur l'année, une collectivité n'a besoin que d'un matériel permettant de contenir 2 tonnes et que le besoin de 15 tonnes concerne un trajet une fois dans l'année : pourquoi ne pas se concentrer sur l'achat d'un matériel de 2 tonnes et la location d'un matériel 15 tonnes un fois par an. Bien que la location soit plus chère, l'opération serait peut être moins onéreuse à raison du caractère ponctuel du besoin spécifique.
  • pour répondre à un besoin d'impression de document, est il pertinent d'acheter des imprimantes individuelles ou de passer à des copieurs ?
Si l'effet volume est souvent recherché pour obtenir des économies d'échelles (action classique de mutualisation pour obtenir des conditions tarifaires plus attractives), les actions les plus pertinentes peuvent être issues de cette réflexion sur l'approche autour du besoin, les nouvelles technologies ou l'innovation. 

Tout ceci apportant des réponses performantes, qui plus est lorsque à ces réflexions sont alliées des analyses en coût complet (intégration du coût d'usage, coût de fin de vie du produit etc...) et lorsque les modalités d'exécution sont également abordées (est ce raisonnable de passer un bon de commande pour un stylo, le coût de la commande étant supérieur à la valeur intrinsèque du produit).

Alors que faire ? Intégrer le plus en amont possible un véritable acheteur dont la valeur ajoutée sera de s’interroger, en binôme avec le prescripteur, sur tous les moyens permettant de répondre au besoin attendu (même si cela doit conduire parfois à remettre en cause des habitudes enracinées...).

Pour aller plus loin

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